Un peu d' histoire 

Un des plus beau village de France 

  Sur son éperon rocheux entouré de collines qui en barraient l'accès, encerclé de châteaux qui jouaient le rôle d'avant-postes, Ségur la médiévale pouvait attendre fièrement l'ennemi. Tout ce dispositif facilita la naissance d'un village blotti à l'abri des murailles. Il reste de la période faste du moyen âge maints signes encore visibles : maisons nobles à tourelles ou à colombages, tours d'escalier à vis, cheminées monumentales, granits sculptés aux fenêtres à meneaux, rue et ruelles fleuries. Le village compte aussi des édifices remarquables, comme une demeure en granit du XVe siècle ornée d'une tour et d'échauguettes, la tour du Chevalier, la tour du guet et la tour St Laurent ou la maison Henri IV.


Berceau des premiers vicomtes de Limoges. Le village enclavé dans une boucle de l'Auvézère est dominé par deux pentes abruptes, dont l'une porte les ruines d'un château fort du XIIe siècle

Ségur fut le siège pendant trois siècles 16e - 18e d'une cour d'appel " cour des appeaux " tribunal dont dépendait plusieurs centaines de juridictions du Limousin et du Périgord.

Le bourg et ses vieilles maisons nobles dominées par les imposants vestiges du château constituent un ensemble pittoresque qui lui vaut de figurer parmi les plus beaux villages de France. Niché dans une boucle de l'Auvézère et protégé par un éperon rocheux, Ségur est, comme l'indique la toponymie, un 'lieu sûr'. Dès le IXe s., l'édification d'un château lui donne sa vocation de place forte. La construction de deux ponts, au XIIIe s., permet l'extension du bourg sur l'autre rive en amont et en aval de la grande boucle. Jusqu'en 1750, Ségur est le siège d'une cour d'appeaux qui recevait les appels de 361 justices seigneuriales. Sa richesse architecturale doit beaucoup aux nombreux robins (gens de robe) attirés par cette cour.
Cette présence a enrichit le pays, comme en témoigne la présence de "maisons nobles" , maisons à colombages et à tourelles, de cette époque. Croisées à meneaux, portes gothiques, rue étroites etc...

L'Histoire de SEGUR...



    SEGUR...Petit village Corrézien, comme tombé du ciel, plus que
pittoresque,tout fabriqué en pierres anciennes, au creux d'une douce
vallée où coule l'Auvézère - ou Haut Vézère - Cette petite rivière,
parfois capricieuse, enserre dans une de ses boucles le piton rocheux
où se niche le vieux château. Maisons et demeures de caractère se
blotissent avec grâce au pied de l'édifice, conférant à l'ensemble
un charme subtil doublé d'une indicible magie.

"SEGUR"...lieu sûr,

sécuritas,
sécurus toute l'étymologie s'y
retrouve dans l'expression
familière et patoisante...
"Qué plo ségur"...


SEGUR, lieu sûr, lieu protégé et
défendu. En effet il semble que,
tès tôt,dès le VIIIème siècle,
sur le lieu se soit établie une
défense, voire une place forte,
construite avec du bois et des
rochers.

Le premier château édifié au 9ème siècle,
vit naître les premiers vicomtes de Limoges...

  Au temps de Charlemagne le Limousin était un vaste comté dont l'administrateur,
le comte, désigné par le souverain, résidait à Limoges. A partir du milieu du IXe
siècle, les comtes s'éloignèrent du Limousin pour aller résider à Toulouse, Clermont
ou Poitiers. C'est à ce moment que, territoires et juridictions furent confiés à leurs
représentants les vice-comtes, autrement dit les vicomtes.
  Il y eu donc ainsi, désormais, un vicomte de Limoges auquel on ne confia pas la
totalité du territoire. Le Limousin fut partagé entre un certain nombre d'autres
vicomtes implantés chacun sur un éperon naturellement fortifié. Par exemple, pour le
Bas Limousin, un vicomte fut installé à SEGUR, un autre à Comborn et un autre à Tulle.
  Au moyen-âge, le Limousin compta quatre vicomtés illustres; SEGUR, COMBORN, VENTADOUR,
TURENNE...et résonnent encore le chant des troubadours.

SEGUR à la fin du XIXème siècle



Au IXème siècle, Eudes, Duc d'Aquitaine,aurait établi Foucher (Fulchérius)
vicomte de LIMOGES et de SEGUR. Pour faire face aux invasions des Normands,
hommes venus des rivages de Suède de Norvège ou du Danemark,Foucher aurait
dirigé les travaux de fortification du château de SEGUR et commandé la défense.
   
La première maison vicomtale remonterait à 876 avec Eudebert et Foucher.

  A la fin du Xème siècle le mariage de Guy 1er fils du vicomte de Limoges,
avec sa cousine Emma fille d'Hadémar vicomte de SEGUR, réalisa pour des siècles
la fusion entre les deux vicomtés et fit du château de SEGUR l'une des
forteresses majeures du Limousin.
  Bien que SEGUR n'ai jamais été la capitale de la vicomté, il est indéniable
que les vicomtes y ont souvent résidé. Très rapidement ils y ont installé des
familles de chevaliers vassaux ainsi qu'un certain nombre d'officiers chargés
de rendre la justice et d'administrer en leur nom la châtellenie. Ces vassaux
seront chargés pendant plusieurs décénnies de la publication des édits royaux,
de la perception des impôts et de la justice.

  Au XIIème siècle les vicomtes de Limoges deviennent pour un certain temps
vassaux de la couronne d'Angleterre lorsque, Henri Plantagenet en devient
détenteur. C'est en 1177 que, pour reprendre SEGUR aux Anglais, un certain
Lothar aurait détruit le château sur l'ordre de Raymaond II vicomte de Turenne.
  Richard Coeur de Lion, fils de Henri Plantagenet et d'Aliènor d'Aquitaine,
devenu roi d'Angleterre trouve la mort à Chalus en 1199.

  Marie, fille de Guy VI, épouse Arthus de Bretagne en 1275. Cette alliance
rattache la vicomté de SEGUR au duché de Bretagne et cela pour deux siècles.
Durant la guerre de cent ans SEGUR subit la domination Anglaise.

Dans la première moitié du XVème siècle, le vicomte
Jean de Bretagne dit "de l'Aigle", célèbre capitaine
au service du roi de France, est nommé lieutenant
  • général en Limousin par le roi charles VII.
Vicomte de Limoges, il songea à faire de SEGUR
le siège général de sa justice d'appel. Il décède
en 1452. Sa femme, Marguerite de Chauvigny, s'éteint
en 1473. Elle est inhumée dans la chapelle du château
de SEGUR.

  C'est au château de SEGUR que fut célébré le mariage de la
dernière héritière des vicomtes, Françoise de Bretagne, avec
Alain d'Albret. L'un de leurs 8 enfants, Jean d'Albret, vit
le jour à SEGUR; Il deviendra le 1er roi de Navarre. Jean fut
l'aïeul de Jeanne d'Albret mère de Henri de Bourbon qui deviendra Henri IV.
 
  La vicomté de SEGUR / Limoges fut réunie à la couronne de France par le roi
Henri IV qui fut le dernier vicomte de SEGUR.


Ascendance du Roi de France  Henri IV 

Il existait de tout temps à Ségur une justice


Mais ce qui donna "éclat" et renom à SEGUR fut, de toute évidence,
la Cour des Appeaux, cette institution dont la ville fut légitimement fière
et qui fonctionna du XVe siècle jusqu'en 1750.

Il existait de tout temps à Ségur une justice
seigneuriale de 1er degré : justice ordinaire
dont on trouve trace dans de nombreux écrits.
C'est probablement Alain d'Albret qui s'efforça
de restaurer l'autorité vicomtale. il élut
domicile à Ségur de 1468 à 1522 et obtint du roi
le privilège d'établir en ce lieu une cour d'appel
de justice intervenant, comme son nom l'indique,
entre les justices seigneuriales ordinaires et le parlement Royal de Paris.

  Tout recours contre une décision de justice prise dans l'une des 150 juridictions
seigneuriales du comté de Périgueux et de la vicomté de Limoges devait être débattu
devant la Cour des  Appeaux de SEGUR avant d'être éventuellement porté devant le
parlement royal. SEGUR connut dès lors une animation fébrile avec l'afflux de
magistrats, plaignants et plaideurs, qui logeaient à demeure ou temporairement dans
les maisons et hôtels du bourg. Ainsi s'explique cette grande vague de constructions
de demeures de qualité, relativement nombreuses, dont quelques unes subsistent encore
de nos jours. La plupart de ces demeures, desservies par d'élégants escaliers à vis
en pierre du pays, possèdent de magnifiques pièces agrémentées de cheminées
monumentales.
La Cour se réunissait dans une bâtiment, aujourd'hui disparu, qui se situait sur le
champ de foire pas très loin du pont Notre-Dame. Soumis parfois aux caprices de la
rivière, la cour devait trouver refuge dans des maisons avoisinantes.

Cette cour fonctionna jusqu'en janvier 1750 date à laquelle un édit royal y mit
un terme au profit d'une sénéchaussée à Saint-Yrieix.

SEGUR par la suite a traversé la période révolutionnaire sans à-coups majeurs comme bien
d'autres cités limousines. Néanmoins, on retiendra la destruction des titres féodaux, que
l'on  brûla en 1793 sur le champ de foire.

  En 1795 le château,qui appartenait aux Hautefort, fut acheté
pour 30 francs par un certain Gabriel Dumas Lavareille qui,
après avoir été fermier de la famille et administrateur du haras
royal de Pompadour, était devenu maire de SEGUR.



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